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Fréquences / disques / photographie / lignes
Bill in the shadow

Par Jeremy Jeanguenin

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Bill Wyman, le “Stone alone” comme il s’autoproclame dans sa propre bio­gra­phie, disait ne pas pou­voir jouer de basse Fen­der à dia­pa­son stan­dard (34 pouces, la dis­tance qui sépare le cor­dier de la pre­mière case du manche). Il regret­tait la taille de ses mains, qui ren­dait son jeu dif­fi­cile sur une grande basse.

Il a donc jeté son dévo­lu sur une toute petite basse Fen­der Mus­tang Bass, lan­cée pour un mar­ché d’étudiants et d’adolescents aux bras encore courts, voire pour les mômes. C’est la même basse que l’on entend au désas­treux fes­ti­val d’Altamont en 1969 (pas à cause de leur musique, voir le film des frères Maysles, Gimme Shel­ter) et sur le disque live Get Yer Ya-Ya’s Out.

À l’origine un ins­tru­ment cheap, ces petites basses se révèlent être des mer­veilles sonores, uti­li­sées avec les cordes adé­quates (cf. les lignes sui­vantes) : la preuve, Nico­las Godin et Jean-Benoît Dun­ckel (Air) l’utilisent pour retrou­ver ce fee­ling “Gains­bourg”, cla­quant et grave à sou­hait.
Comme la plu­part des bas­sistes des années 1960 et 1970, Wyman uti­li­sait et uti­lise tou­jours des cordes à filet plat, c’est-à-dire qu’un “ruban” de sec­tion car­rée est enrou­lé autour de l’âme en acier de la corde : lisses, elles sont simi­laires à celles uti­li­sées sur les contre­basses, et confèrent ce “doum-doum” typique des sono­ri­tés de l’ère 1960 – 1970.

Pho­to­gra­phie : © Aral­do di Crol­la­lan­za.
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