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Joe Osborn

Par Jeremy Jeanguenin

OK, vous connais­sez le par­ti-pris de ce lieu d’expression : par­ler de bas­sistes qui parlent peu ! Plu­tôt que de l’agité des har­mo­niques, par­ler du bas­siste assis au fond de la cabane qui sert de stu­dio, là-bas vau­tré sur la chaise, un cen­dar’ à ses pieds ! Bref, le bas­siste au ser­vice de la musique, pas de son ego…

Pour notre homme du jour, le quart de disque qui lui revient, part certes rela­tive, est cepen­dant à éle­ver à l’exposant de son talent (moi qui ai tou­jours été un désastre mathé­ma­tique). Joe Osborn, je ne peux même pas en dire plus. C’est un jeu qui ne se com­mente pas, il se goûte. À l’époque, il est dans les star­ting-blocks des bas­sistes prêts à enchaî­ner ses­sion sur ses­sion pour des dol­lars. Son style, qui vint agré­men­ter notam­ment les mélo­dies pop-folk de Simon & Gar­fun­kel (Bridge over Trou­beld Water, 1970), n’est pas si éloi­gné de celui de Carol Kaye : grosse basse Fen­der (une Jazz Bass “sta­cked knob” comme Fen­der les fabri­quait entre 1960 – les pro­to­types, voir Her­bie Flo­wers et son modèle de 1959 sur le site de Cur­tis Novak –, c’est-à-dire avec deux poten­tio­mètres éta­gés, pré­sen­tant cha­cun volume et tona­li­té par micro magné­tique ; cette basse est celle de la pho­to ci-des­sous), et attaque puis­sante au média­tor sur des cordes à filet plat (comme Jamer­son, il pré­tend ne jamais les avoir chan­gées en vingt ans !), tel un boxeur dans les cordes du ring musi­cal.

En voi­ci un por­trait suc­cinct en vidéo.

Le côté plus brut de décof­frage peut être ana­ly­sé à tra­vers le back­ground musi­cal de l’homme-basse, la coun­try (il accom­pa­gna notam­ment James Bur­ton) en fait un bas­siste plus franc et sans chi­chis, com­pa­ré à une Kaye volon­tiers plus jaz­zy et à une James Jamer­son auquel per­sonne ne se mesure (“il pou­vait entendre une autre pul­sa­tion dans sa tête !” s’exclame Nate Watts, bas­siste émé­rite de Ste­vie Won­der dans le film Stan­ding in the Sha­dows of Motown).

Joe Osborne en stu­dio

Joe Osborn, si peu connu soit-il du grand public, prête son nom à une ligne d’instruments de la marque Lak­land, très ins­pi­rée de la Fen­der Jazz Bass. Curio­si­té : alors qu’on n’a jamais vu l’homme avec une basse à cinq cordes (tes­si­ture élar­gie au Si grave), un modèle de ce genre porte sa signa­ture !

Allez, je me tais. Musique !

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