Dispatch/Box
Fréquences / disques / photographie / lignes
Clavinet, le clavier funky

Par Jeremy Jeanguenin

 

"Hohner Clavinet D6" by Original uploader was Docrobbie at en.wikipedia - Originally from en.wikipedia; description page is/was here (Photographed in my home.). Licensed under Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hohner_Clavinet_D6.jpg#mediaviewer/File:Hohner_Clavinet_D6.jpg

« Hohner Clavinet D6 » by Original uploader was Docrobbie at en.wikipedia -- Originally from en.wikipedia; description page is/was here (Photographed in my home.). Licensed under Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 via Wikimedia Commons

C’est le clavier le plus « funky » (disons, un des plus adaptés aux rythmes dansants) de la musique électronique moderne. Conçu par la firme germanique Hohner (à ne pas confondre avec Höfner), autrement connue pour ses harmonicas (dont le basique et classique « Marine Band »), il a été inventé par Ernst Zacharias. Il reprend alors le principe du clavicorde (apparenté à la famille des clavecins), selon deux temps : une mise en vibration de la corde, puis l’arrêt de la résonance par un système d’étouffoir de feutre ou de laine. Il en résultait donc un son bref, incisif, nasal et percutant.

Le reste, c’est-à-dire essentiellement l’amplification, était assurée par un dispositif de capteur micro-magnétique analogue à celui trouvé dans les guitares électrique (un aimant captant la vibration d’une corde métallique). On pourrait dire par conséquent qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une guitare électrique munie de touches percussives…
Avant même Stevie Wonder, à qui l’on attribue son succès sur l’interplanétaire succès Superstition, on trouve le clavinet sublimé par Garth Hudson au sein du légendaire groupe de l’Ontario The Band, sur le titre Upon Cripple Creek. Hudson l’a tout simplement magnifié en le couplant à une pédale wah-wah. Le documentaire sur la création de l’album éponyme The Band est éloquent (Classic Albums chez Eagle Rock Entert., 1997), puisque Garth Hudson -- évasif et hagard, à l’accoutumée, bien qu’il fut d’une futaie assez différentes de ses acolyte, puisque de formation classique -- y affirme :

C’était très facile, j’avais essayé ça à la maison… c’est comme de la harpe avec les cordes en métal…

Le petit cliquetis métallique éconduit pas mal d’auditeurs, qui croient entendre la vibration et l’attaque d’une guimbarde (juice harp).

Évidemment, il reste Superstition, regardez les mains longues de Stevie Wonder qui dansent sur le clavier.

Mais aussi, le terrible Jungle Boogie, ponctué par le clavinet du regretté Rick West, en 1974 (version authentiquement live dans le « Midnight Special » produit par Burt Sugarman).

Et pour finir, parce que je ne saurais être exhaustif, le très pop I Keep Forgettin’ (Every Time You’re Near) de l’ex-Doobie Brothers Michael McDonald, en 1982, dans le mythique programme TV « Soul Train ». Ce titre consacre l’avénèment du « son » parfait, à l’esthétique lissée et remarquablement hi-fi (la tendance de toute une époque), des requins de studio californiens. On remarquera la présence de Jeff Porcaro qui administre un de ses rythmes shuffle les plus raffinés et la basse très à l’avenant de Louis Johnson, et surtout Greg Phillinganes au clavinet.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Comments are closed.