Avishai Cohen conquiert le Jazz Festival à La Défense

dsc02234Après quelques doutes sur la météo tout au long de la semaine, c’est fina­le­ment sous un ciel radieux et un soleil de plomb qu’Avi­shai Cohen et son groupe ont enta­mé leur set.

Sou­ve­nons-nous, Avi­shai était déjà pas­sé par l’es­pla­nade en juin 2007, c’é­tait en pleine semaine à 13h, il y avait tout au plus deux cen­taines de per­sonnes amas­sées devant la scène, avec quelques badauds typiques de ce lieu pas vrai­ment cha­leu­reux : cour­tiers en assu­rances en smo­king et sand­wich à la main, employés des com­merces du coin… Bref, il semble qu’A­vi­shai n’en ait pas gar­dé un sou­ve­nir impé­ris­sable, d’au­tant plus que sa pres­ta­tion avait été misé­ra­ble­ment ponc­tuée des coups de mar­teaux-piqueurs et autres bull­do­zers de l’im­meuble en construc­tion qui bor­dait la place. Tout au plus, avait-il mira­cu­leu­se­ment réus­si à rete­nir l’eau qui mena­çait de nous tom­ber sur la tête (le ciel était d’un gris atroce, ce jour-là, le même que celui des tours EDF ou Total).

Cette fois, rien de cela. Avi­shai n’est pas venu avec son trio (Sam Barsh au pia­no et Mark Gui­lia­na à la bat­te­rie), mais avec une escouade de musi­ciens com­pa­triotes israé­liens. Le réper­toire, moins jazz, se rap­proche davan­tage d’un grand mélange d’in­fluences orien­tales et lati­no. Les sono­ri­tés sont inévi­ta­ble­ment acous­tiques et le son est bon (quelques ajus­te­ments inhé­rents aux ins­tru­ments acous­tiques ampli­fiés sont néces­saires, mais en quelques minutes le son est par­fait, plein et équi­li­bré).

Pré­sents à l’ap­pel : Shai Maes­tro (pia­no et cla­viers), Ita­mar Doa­ri (per­cus­sions) Karen Mal­ka (voix), Amos Hoff­man (gui­tare et oud), et bien sûr notre contre­bas­siste, com­po­si­teur et lea­der (j’in­siste là-des­sus), Avi­shai Cohen.

Oui, Avi­shai Cohen, en plus d’être un vir­tuose à la contre­basse, à la basse Fen­der et au pia­no (son pre­mier ins­tru­ment), est un fan­tas­tique meneur, cha­ris­ma­tique, à la pré­sence phy­sique incom­pa­rable. Je dois dire que c’est lui et le per­cus­sion­niste Ita­mar Doa­ri qui m’ont le plus impres­sion­né. Ce der­nier a un sens hal­lu­ci­nant des contre­points, et ce bon­heur d’en­tendre et de voir des cym­bales frap­pées à mains nues (tiens, ça rap­pelle Bon­ham, en pas­sant) et toute une varié­té de fûts en terre cuite ou en peaux.

Autre para­mètre de cette per­for­mance scé­nique et du nou­vel album Auro­ra : la mise en place d’un réper­toire exclu­si­ve­ment vocal (Avi­shai étant accom­pa­gné par Karen Mal­ka et Ita­mar Doa­ri au chant – il sait tout faire !), avec une har­mo­ni­sa­tion remar­quable. Il reprend Alfon­si­na y el mar, clas­sique popu­laire argen­tin d’A­riel Ramí­rez et Félix Luna (hom­mage à la poé­tesse Alfon­si­na Stor­ni), s’ac­com­pa­gnant pour l’oc­ca­sion de sa seule contre­basse. Ce type et son ins­tru­ment sont tou­chés par la grâce.

L’ha­bi­tuel Sha­lom Alei­chem clôt la pres­ta­tion dans une ambiance bon enfant, le soleil conti­nue de des­cendre der­rière la scène ; le public, lui, en veut encore. Il revient pour un Remem­be­ring poi­gnant.

Rideau. Avi­shai n’a rien d’autre à prou­ver. Nous avons été trans­por­tés dans une terre idéale médi­ter­ra­néenne  pen­dant deux heures, cham­bou­lés d’i­diome en dia­lecte : hébreu, espa­gnol, ladi­no.

La suite de l’af­fiche, Goran Bre­go­vic, fait grise mine à côté, mais, que vou­lez-vous, “c’est fes­tif”. On esquisse quelques pas d’une gigue, le son est déci­dé­ment trop lourd et fina­le­ment on se décide à boire un der­nier verre à Paris.

À l’an­née pro­chaine.

httpv://www.youtube.com/watch?v=30_-eLFSvjI&feature=channel

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Jeremy Jeanguenin

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