• Musique

    Chaka Khan : 1981, heure de gloire

    De Rufus au succès solo Cha­ka Khan aura été la meneuse cha­ris­ma­tique du groupe de R&B fun­ky Rufus, dopé par leur suc­cès (une com­po­si­tion offerte par le génie Ste­vie Won­der) Tell Me Some­thing Good. La divine Yvette Ste­vens (à l’é­tat civil), n’est pas tout à fait sépa­rée de Rufus mais elle opère déjà en solo. Et pour ce faire, en 1981, elle s’en­toure pour ce troi­sième opus de la crème des musi­ciens dont la spé­cia­li­té est un R&B qui conjugue sophis­ti­ca­tion et for­mat radio, autre­ment dit une qua­li­té mains­tream. Un casting parfait On y retrouve l’é­cos­sais fun­ky Hamish Stuart, co-lea­der avec Alan Gor­rie du fameux Ave­rage White Band, mais aus­si…

  • Musique

    Stuff, Montreux 1978

    Stuff, c’est l’histoire d’un groupe ins­tru­men­tal mon­té sous la hou­lette du bas­siste Gor­don Edwards (à ne pas confondre avec Scott Edwards, autre émi­nent bassiste). Il réunit les flam­boyants ses­sion men Cor­nell Dupree (Don­ny Hatha­way, Are­tha Frank­lin, Cur­tis King Jr…), le gui­ta­riste de jazz Eric Gale, l’irremplaçable Steve Gadd à la bat­te­rie,  le pia­niste Richard Tee, pré­cé­dé un temps par Chris Parker. Leur pres­ta­tion témoigne de un mélange de sophis­ti­ca­tion, d’énergie et d’urgence. Urgence, car le groupe faillit man­quer ce concert par ce jour de cani­cule du 2 juillet 1976, qui vit leur vol pour la Suisse retar­dé au point de man­quer le sound­check : le groupe se bran­cha sans même savoir…

  • Figures De La Soul,  Musique

    O. V. Wright : l’oublié de Memphis

    Over­ton Ver­tis Wright, connu par ses ini­tiales “OV” Wright, est un des dam­nés de la soul du Sud des États-Unis. Sa car­rière est sera aus­si courte que mou­ve­men­tée, mais il fixe­ra sur l’a­cé­tate de vinyle à jamais sa voix dont l’ex­pres­si­vi­té brute n’a d’é­gal que la dou­leur qu’elle évoque. Éle­vé par sa mère dans les envi­rons de Mem­phis, il reçoit une édu­ca­tion reli­gieuse et dès l’âge de 6 ans il fait par­tie de la cho­rale gos­pel de sa paroisse. L’en­fant pro­dige vole la vedette au prêtre : les fidèles se mettent davan­tage sur leur trente et un par hom­mage au fils prodigue. Des immondices à la grace A 17 ans, il sur­vit…

  • Clavier,  Disques,  Figures De La Soul,  Funk,  Jazz,  Musique,  Musique populaire,  Production musicale

    George Duke : le bâton du duc

    Il est l’homme au sou­rire éter­nel. Le key­ta­riste émé­rite. Le pia­niste de jazz cou­pable de délit de funk music. La scène jazz lui reproche de s’a­bais­ser à une musique trop lisse, sinon insi­pide et com­mer­ciale. Lui s’en fout, il est heu­reux, il brille. Le Japon l’acclame. En 1983, star incon­tes­tée au Pays du soleil levant, il emmène un cas­ting de poin­tures (Paul Jack­son à la gui­tare, Louis John­son à la basse, Steve Fer­rone à la bat­te­rie) pour des concerts magis­traux. Il est bien plus que le musi­cien. Il est LE maître de céré­mo­nie. Le Duc. Celui d’a­près Elling­ton : le Duc élec­tro­nique au sceptre, son Dukey Stick (une des titres les…

  • Disques,  Musique,  Musique française,  Musique populaire

    Qui est donc “Pa Sucordoze” ?

    À propos d’un air de Jules Arlanda Voi­là un nom qui ne dira pas grand chose au pro­fane.  À La Réunion, ceux qui connaissent et chan­tonnent le plus grand suc­cès de Jules Arlan­da (1923 – 2010) inter­pré­té par Pier­rette Payet, Quand li mett’ son mou­lure (en fran­çais “quand il met ses beaux sou­liers”, autre­fois connue sous le titre Ti Roger), connaissent l’ex­pres­sion qui ponc­tuent le refrain mélan­co­lique (c’est bien un regard sur le pas­sé des bals la pous­sière qui est por­té) : “Comme dans l’temps Pa Sucor­doze”. Sorti de l’imaginaire de Georges Fourcade C’est dans le théâtre de say­nètes du chan­son­nier Georges Four­cade (1884 – 1962) que je suis allé cher­cher l’o­ri­gine de cette…

  • Basse,  Clavier,  Figures De La Soul,  Funk,  Hip Hop,  Industrie musicale,  Jazz,  Musique,  Musique populaire,  Pianiste,  Production musicale,  Soul Music

    Patrice Rushen : don’t forget her not(e)s

    C’est à seule­ment 19 ans que Patrice Louise Rushen publie son pre­mier album de jazz groo­vy, inti­tu­lé Pre­lu­sion, en 1974 chez Pres­tige Records. Des débuts jazz précoces Un album entiè­re­ment ins­tru­men­tal, qui reprend la figure de l’o­dys­sée groo­vy, comme ont pu le faire quelques années aupa­ra­vant l’or­ga­niste Jim­my Smith (pen­sons au mémo­rable Roots Down) ou Grant Green sur son groo­vy Live at the Ligh­thouse, voire même le Kool Jazz de Kool and The Gang. Pour ce qui est des musi­ciens pré­sents sur l’al­bum, tenez-vous bien, le cas­ting est de qualité : Patrice Rushen – voix, pia­no, pia­no élec­trique Rhodes, syn­thé­ti­seur ARP, clavinet Tony Dumas – basse élec­trique, contrebasse Leon “Ndu­gu” Chan­cler –…

  • Musique,  Production musicale

    Quand Carrousel tournait

    L’his­toire a sou­vent été répé­tée, quand on aborde le tour­nant des années 1980 pris par le maloya élec­trique. Il est vrai que Car­rou­sel était une for­ma­tion exclu­sive et inédite à La Réunion, par son désir d’in­no­ver et d’ex­plo­rer. On a sou­vent, semble-t-il, can­ton­né le groupe à une ver­sion un peu essouf­flée des Caméléons. Un groupe à part entière Après le départ d’Alain Péters aux bal­bu­tie­ments, la for­ma­tion, sous la hou­lette de Loy Ehr­lich, trouve ses membres per­ma­nents et son rythme de croi­sière. Dans un sens, on peut s’af­fli­ger que le titre de ce repor­tage dif­fu­sé le 30 novembre 1982 dans l’é­mis­sion Bleu Outre-Mer (RFO) et archi­vé par l’I­NA en 2017,…

  • Basse,  Disques,  Donny Hathaway,  Figures De La Soul,  Musique,  Production musicale,  Soul Music

    Aaron Dodd (1948 – 2010)

    L’in­dus­trie de la musique est sans pitié. Même pour ce vété­ran du tuba décé­dé main­te­nant il y a presque dix années. Aaron Dodd (1948 – 2010) a gra­vé sur l’a­cé­tate de vinyle, entre autres prouesses mémo­rables, la célèbre ligne de tuba qui orne­mente la reprise du I Believe to My Soul de Ray Charles par Don­ny Hatha­way. Sur ce clas­sique de rhythm & blues, Don­ny Hatha­way trans­forme le thème du mode mineur en majeur, trans­fi­gu­rant la balade triste en une plai­doi­rie fan­fa­ron­nante. Sur le pont, Aaron Dodd double au tuba la ligne de basse Fen­der du non moins légen­daire Louis Satterfield. Et pour­tant. L’ins­tru­ment est ingrat et peu mis en valeur en…

  • Cinéma,  Jazz,  Musique,  Musique populaire

    Je l’appelais Morgan

    Tel est le titre du film docu­men­taire de Kas­per Col­lin consa­cré à l’in­croyable musi­cien qu’é­tait Lee Mor­gan : I Cal­led Him Mor­gan. Mor­gan, génie des pis­tons, alchi­miste du hard bop jus­qu’en 1972, où il trouve la mort sous les balles de son épouse Helen, folle de jalou­sie. Lee Mor­gan avait alors l’âge chris­tique : 33 ans. La trame nar­ra­tive de ce film docu­men­taire est gui­dée par les entre­vues enre­gis­trées par Lar­ry Reni Tho­mas, enre­gis­trées en 1995 et 1996. Tho­mas, alors ensei­gnant en arts, s’est trou­vé éba­hi d’a­voir par­mi ses élèves une femme âgée du nom de Mor­gan et de décou­vrir qu’elle était la femme du musi­cien. Veuve et assas­sin à la fois, puis­qu’elle…

  • Disques,  Donny Hathaway,  Folk,  Motown,  Musique,  Pianiste,  Production musicale,  Rock

    Carole King : Tapestry, une tapisserie pop

    Jus­qu’à cette période où elle com­men­ça réel­le­ment sa car­rière solo d’in­ter­prète, Carole King réser­vait ses com­po­si­tions à quatre mains (avec son ex Ger­ry Gof­fin) pour d’autres, à l’ins­tar des tan­dems Ash­ford & Simp­son (Motown) ou Lei­ber & Stol­ler (Sun, Atlan­tic, A&M…). Tapes­try, donc, figure comme le chef d’œuvre de Carole King : un jeu de mots entre tapes­try (tapis­se­rie) qui évoque un maté­riau sous forme de fresque, que l’on déroule, et le terme tape, qui ren­voie à la musique enre­gis­trée sur bandes magné­tiques. C’est en 1971 que paraît l’al­bum sur le label Ode Records, sous la hou­lette de Lou Adler. Pour réa­li­ser cet opus, Carole King s’en­toure de ses musi­ciens fidèles, Dan­ny…