Point d’orgue : l’Hammond

Ce petit docu­men­taire réa­li­sé à l’oc­ca­sion des 70 ans de l’orgue Ham­mond est cap­ti­vant. On y redé­couvre les usages inat­ten­dus d’un ins­tru­ments pri­sé en pre­mier lieu par les pia­nistes de jazz (dont Jim­my Smith, à l’o­ri­gine de l’en­goue­ment) et les prin­cipes méca­niques et élec­triques de son fonc­tion­ne­ment, axé sur la “roue pho­nique”.

L’ins­tru­ment s’illus­tre­ra par­ti­cu­liè­re­ment dans les envo­lées lyriques et hyp­no­tiques du rock psy­ché­dé­lique (déri­vé cer­tain du rhythm n’ blues, de la soul – Boo­ker T. l’u­ti­li­sait déjà chez Stax, réécou­ter les Green Onions qui inau­gurent en 1962 l’ère blues de l’orgue et pré­parent le glis­se­ment sau­vage à venir)– mais aus­si du gos­pel, genre où l’orgue excel­lait notam­ment dans les com­mu­nau­tés évan­gé­listes des États-Unis, rejoint à la même période par la basse Fen­der). Ici, des acteurs de l’orgue Ham­mond rock inter­viennent, comme les anglais (inva­sion bri­tish oblige) Steve Win­wood, Keith Emer­son (je vous laisse décou­vrir quelle inven­tion lui sug­gé­ra Lem­my Kil­mis­ter, le futur braillard de Motö­rhead).

À ces quelques noms on ajou­te­ra les grands archi­tectes sonores de l’orgue Ham­mond (dif­fi­cile de citer tous les plus influents).

A_Date_with_Jimmy_Smith
Jim­my Smith, “A Date With Jim­my Smith”, 1957

À la fin des années 1960, si Jim­my Smith excelle depuis long­temps dans un jazz blues d’ex­cel­lente fac­ture (The Cat, 1964) qui se mue­ra en jazz fun­ky sur Roots Down (un live fabu­leux empreint de la basse dan­sante de Wil­ton Fel­der), on trouve chez les bri­tan­niques le céré­bral John Paul Jones avec Led Zep­pe­lin, son pen­dant vis­cé­ral étant John Lord avec Deep Purple, tan­dis que Rick Wright contri­bue à subli­mer la musique du Pink Floyd.

Jimmy Smith, "Root Down", 1972 (Verve Records)
Jim­my Smith, “Root Down”, 1972 (Verve Records)

Côté amé­ri­cain, Mark Stein avec Vanilla Fudge, Ray Man­za­rek avec les Doors mais aus­si Billy Pres­ton qui dresse un pont entre le rhythm and blues des États-Unis et le rock bri­tan­nique en rejoi­gnant les Beatles en qua­li­té de membre non-offi­ciel du groupe.

L’orgue Ham­mond (il en va sou­vent de même pour ses clones) est en géné­ral com­po­sé de deux étages de cla­viers, aux­quels s’a­joutent un péda­lier qui per­met de jouer les basses. Cette der­nière fonc­tion­na­li­té à inci­té les Doors à se pas­ser des ser­vices d’un bas­siste sur scène (Carole Kaye et Jer­ry Scheff ayant exé­cu­té avec maes­tria les par­ties de basse élec­trique de cer­tains titres). Il est très fré­quem­ment agré­men­té d’un haut-par­leur Les­lie, effet méca­nique que j’a­vais évo­qué à pro­pos de Bap­tiste Tro­ti­gnon en concert avec Ste­fa­no di Batis­ta.

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Jeremy Jeanguenin

Un commentaire sur “Point d’orgue : l’Hammond

  1. Dans la série des jazz men qui font de l’ham­mond, j’ai écou­té Jim­my McGriff avec Elec­tric Funk (1969)… Vrai­ment sym­pa !

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